Archives du Tag: isolation phonique

Les toitures végétalisées

Nous vous proposons aujourd’hui de nous intéresser aux toitures végétalisées.

Elles sont particulièrement intéressantes en milieu urbain et dans les zones densément construites. En effet, elles participent à la biodiversité, elles apportent du végétal dans un environnement minéral, lors des précipitations elles permettent un retard à l’évacuation des eaux de pluie.

Il existe deux “familles” de toitures végétalisées : intensives ou extensives.

  1. La végétalisation intensive, aussi appelée toiture jardin, fait entre 30 cm et 1 mètre d’épaisseur et pèsent en moyenne 1 000 kg/m². Leur entretien est identique à celui des espaces verts accordés au sol (arrosage, tonte…) et elle s’installe sur des toitures terasses en béton uniquement.
  2. Ensuite la végétalisation extensive, dont nous parlerons plus particulièrement aujourd’hui, système dans lequel un de nos Partenaires s’est spécialisé. L’épaisseur de ce complexe varie entre 5 et 25 cm et le poids varie entre 60 et 180 kg/m². Son entretien se limite à 2 ou 3 visites par an et on peut l’installer sur de la toiture béton, du bac acier ou une structure bois.

Tout d’abord, apporter du végétal dans la ville nous permet de nous relier à la nature dont nous sommes issus et qui est trop absente dans nos cités. L’élément végétal est aujourd’hui de plus en plus pris en compte dans les projets urbanistiques. Le fait de végétaliser une toiture permet de “restituer” en toiture l’espace perméable que l’on a pris au sol pour la dite construction.

Des essais réalisés en Allemagne, confirmés ensuite en France, font ressortir un effet retardateur à l’évacuation des eaux de pluie des toitures végétalisées, qui permettent d’absorber de 50 à 70 % des volumes d’eau et de rejeter le restant graduellement.

Il est intéressant de savoir également que choisir de végétaliser, plutôt que mettre du gravier sur la terrasse, protège la membrane d’étanchéité et permet de doubler sa durée de vie. En effet, les ultras violets ne peuvent l’endommager et elle est protégée des fortes variations de températures.

Autre point important à savoir, surtout en milieu urbain, au niveau du confort acoustique, la couche végétale et le substrat filtrent les bruits d’impacts (pluie, grêle…) et réduisent également le volume des bruits aériens. Un plus pour les occupants donc, mais également pour les usagers de la cité.

Concernant le confort thermique l’intérêt est grand également. La végétalisation améliore le confort d’été grâce à l’évapotranspiration des végétaux et en hiver elle permet de réduire la perte de calories grâce, surtout, à la masse de substrat qui rajoute de l’inertie en toiture.

On constate que les zones urbaines sont plus chaudes que les zones rurales avoisinantes. L’énergie solaire est absorbée par les bâtiments et les voiries, souvent de couleur sombre, et elle est restituée la nuit sous  forme de chaleur. Lorsque l’on rajoute la chaleur produite par les moteurs des véhicules, on prend la mesure du phénomène et l’on comprend que plus la température est élevée, plus notre demande d’énergie pour rafraîchir nos bâtiments augmente ! La végétalisation extensive des toitures fait partie des solutions pour lutter contre cet effet d’îlot ce chaleur urbain.

D’un point de vue pratique, ce système de végétalisation peut s’installer en construction neuve et en réhabilitation, sur tous les supports (béton, acier, bois). Il peut également s’adapter sur des toitures plates, à faible mais aussi à forte pente.

Sur l’étanchéité anti-racine, on va rajouter une couche de drainage, une couche de filtration puis un substrat riche en matériaux tels que la pouzzolane, léger et ayant la capacité à retenir l’eau, ce qui explique un faible poids de l’ensemble. Ensuite on plantera des végétaux, en majorité des sédums et des vivaces, le choix des variétés dépendant de votre projet et de leur disponibilité.

Dans notre région, l’arrosage n’est pas nécessaire, sauf à l’installation, et la maintenance est réduite à 2 ou 3 passages par an en toiture pour vérifier les évacuations d’eau de pluie, arracher les mauvaises herbes et réplanter éventuellement.

BedZed pour réduire notre impact environnemental

 Au sud de Londres (40 minutes en train direct), à Hackbridge, Sutton se trouve le quartier Beddington Zero Energy (fossil) Development, plus connu sous le nom de BedZed. En sortant du train, il suffit d’une petite marche de 700 m et vous y êtes.

Comment vous dire l’impression que l’on a en arrivant…. Depuis le temps que j’entendais parler de ce quartier, enfin j’y étais !

       Aerial view of BedZED par One Planet Living in Sutton

 Photo by Tom Chance credit to BioRegional

Ce quartier a été conçu par les architectes The Zed factory ltd, avec Bill Dunster, qui a ses bureaux dans cet ensemble, avec BioRegional. Inauguré en 2002. L’idée de départ est de vivre de manière soutenable sans sacrifier notre mode de vie moderne et urbain. Construire des bâtiments au bilan carbone neutre et les standardiser. Réduire notre dépendance aux énergies fossiles et nos émissions de CO2. Il y a eu une réflexion, depuis le début, pour utiliser en priorité des matériaux locaux, ou issus du recyclage, pour la construction; une grande vigilance pour éviter les ponts thermiques; une isolation thermique importante du sol, des murs et toits; une isolation phonique entre les logements…

                                                                   South facing homes par One Planet Living in Sutton

Credit : Marcus Lyon

 Il y a une centaine de logements et des bureaux, pour une surface habitable de 2500 m². L’espace a été densifié entre autre grâce au fait qu’il y a moins de place de parking par logement, les véhicules sont stationnés un peu à l’écart des bâtiments (il y a des bornes électriques pour recharger sa voiture) et l’espace “intérieur” du quartier est réservé aux piétons, vélos, pour une plus grande sécurité, moins de bruit.

Le quartier a été pensé pour faciliter les relations entre voisins. Cela fait partie des points les plus appréciés par les habitants. La luminosité grâce à l’exposition, la conception et la serre sont également très appréciés et ils disent que cela leur procure de plus, une impression d’espace. En moyenne un habitant de ce quartier consomme 25 % de moins d’électricité qu’un habitant de cette région.

 Il y a un terrain de sport, un “club house” où des manifestations sont organisées, des espaces verts, de nombreux emplacements pour garer les vélos ainsi que des ateliers de réparations. Il s’y pratique l’autopartage également.

                         Solar panels and wind cowls par One Planet Living in Sutton

                         Photo by Tom Chance, credit to BioRegional

 Il y a 777 m² de panneaux photovoltaïques (afin de produire de l’électricité) sur les immeubles. Les “chapeaux”, appelées wind cowls, que vous voyez au dessus, sont les bouches de ventilations, ce système de ventilation est mécanique et permet de récupérer jusqu’à 70 % de la chaleur de l’air extrait.  

Sedum roof par One Planet Living in Sutton

Photo by Tom Chance, credit to BioRegional

Une partie des toitures est végétalisée (avec du sédum), ce qui permet une meilleure isolation thermique et phonique. Sur toutes les toitures non végétalisées l’eau de pluie est récupérée pour être réutilisée. 

                    Show Home Lounge par One Planet Living in Sutton

                    Photo by George Garnier

 Vue du salon au premier étage, qui donne sur la serre.

 

    Conservatory interior par One Planet Living in Sutton

    Photo by George Garnier

 Lorsque les portes du salon sont ouvertes vous récupérez la chaleur en hiver, bien agréable ! Vous appercevez sur la gauche la passerelle qui mène à votre jardinet privatif sur l’autre bâtiment.

                           Show home garden par One Planet Living in Sutton

Photo by Tom Chance, credit to BioRegional

 La densité d’occupation a permis d’avoir des jardinets alors que dans les constructions classiques il n’y aurait eu que des balcons.

               Show home and Helios Road par One Planet Living in Sutton

               Photo by Tom Chance, credit BioRegional

Avec cette photo vous pouvez voir que l’on ventile la serre en ouvrant une partie des fenêtres. Vous remarquerez également la forme des toitures qui permettent une grande exposition au sud et avec cette forme l’on récupère la lumière au nord.

Ce n’est pas seulement un quartier original visuellement, la qualité de vie de ses habitants est très importante. Il y a eu une réflexion depuis le début pour utiliser en priorité des matériaux locaux pour la construction; une grande vigilance pour éviter les ponts thermiques; une isolation thermique importante du sol, des murs et toits; une isolation phonique entre les logements… A chaque arrivant est donné un guide afin d’expliquer comment vivre dans ces logements, encourager les pratiques économes. Depuis que le quartier est habité, les habitants vont vers plus d’économies en général, grâce à quelques aménagements et de la pégagogie.

De nombreuses actions sont menées telles que :

  • la réduction des déchets (tri, compost, valorisation),
  • les économies d’eau (comportements, appareils hydro économes, récupération d’eau de pluie),
  • les économies d’énergie (isolation renforcée, récupération de chaleur de l’air vissié extrait, double et triple vitrage, serre)
  • la livraison de produits frais et bio sur place
  • l’autopartage, les bornes électriques pour recharger les véhicules, l’incitation aux transports en communs ou l’utilisation de vélos
  • des études sont menées pour évaluer les consommations et les faire baisser, pour évaluer l’évolution des comportements et le ressenti des personnes afin d’améliorer les nouveaux projets.

Les habitants citent en priorité certains avantages à vivre à BedZED :

  •  la qualité des relations entre habitants par rapport à leurs expériences précédentes
  • l’esthétique du quartier
  • son aspect écologique
  •  la qualité de vie, la tranquilité

Les différents logements sont à la revente en moyenne 15 % plus chers que ceux construits à la même époque, mais ils sont beaucoup plus économiques en charges fixes ! Sur la base du prix de l’énergie et de l’eau actuellement….. et demain…… combien faudra t’il compter comme budget !?!